salut a tous
Premièrement, bonne nouvelle! Je suis une inhalothérapeute!! Examen réussi, je suis vraiment tres contente.
Maintenant le Mali....
Pour commencer, j'ai quelque chose a vous dire.... Je me suis promis de le dire seulement une fois durant l'été.... je vous le dis maintenant... et ca vient vraiment du fond de mon coeur.... Il fait chauuuuuuuuuuuuuuudddddddd!!! ahhhhh! incroyable.
Je suis arrivée hier. Le voyage s'est bien passé. C'est drôle un peu de revenir ici...l'odeur du Mali, les gens partout, Bamako, les maliens qui sont si vivants, expressifs, authentiques et accueillants. Ca fait trois ans que je suis partie du Mali mais j'avais l'impression de n'être jamais partie tellement tout m'était familier.
Apres un hiver aussi mouvementé, ca me fait du bien de vivre au rythme africain. Pas trop de stress ici. Aujourd'hui, j'ai rencontré les gens avec qui je vais travailler. Ils sont tous très très gentils. Ils m'ont accueilli d'une facon exceptionnelle. Je les aime beaucoup.
Aujourd'hui ma journée a été pas mal relax... Nous avons eu une réunion pour discuter des objectifs du projet, du calendrier, de l'arrivée des filles (j'ai hâte!!). Aussi, avec Flora, nous avons été a la recherche d'un guichet automatique qui fonctionne... deux essais avant de trouver... pas pire quand même! A part ca, je mange des mangues, je bois du thé, et je me repose sous un manguier avec mes nouveaux amis maliens.
Demain, je pars pour le village de brousse ou nous allons travailler. J'ai hâte de rencontrer les villageois.
a la prochaine
christine xxxxxx
jeudi 29 mai 2008
mardi 27 mai 2008
dimanche 25 mai 2008
allo
Je vous avais promis un mot sur le projet que nous allons faire....
Tout d'abord, disons qu'il a fallu beaucoup de travail pour qu'on comprenne finalement ce qu'on allait faire là bas. Il y a trois ans, lorsque je suis entrée dans le monde de la coopération internationale, la première chose que j'ai comprise est que la patience et la flexibilité sont des qualités essentielles!!! Tout ça pour dire que les objectifs du projet était plutôt flous.... Quelques réunions avec le CCI plus tard, j'ai eu des précisions. Enfin, les ONG canadien et malien s'étaient parlés.... et l'objectif du projet avait aussi pas mal changé!!!
Alors finalement.... Voici brièvement ce qu'on va faire là bas. Je vous donnerai plus de détails lorsque je serai au Mali.
La zone où nous allons habiter vit principalement du coton. Si vous suivez un peu les actualités mondiales, vous savez que la situation économique des producteurs de coton des pays émergents n'est pas facile. Ils ont donc un centre de santé communautaire mais il y ont très peu accès en raison de leur incapacité à défrayer les frais pour les consultations. Actuellement, ils ont largement recours aux méthodes traditionnelles (sorcellerie) et aux médicaments contrefaits du Niger pour se soigner. Le centre de santé communautaire serait peu fréquenté par la population.
Il y a quelques années, ils ont mis en place une mutuelle de santé. Une mutuelle est un système coopératif d'assurances (sans but lucratif). Les membres font des cotisations et la mutuelle paie lorsqu'un membre a besoin des services du centre de santé.
Toutefois, cette mutuelle de santé ne fonctionne pas très bien. La première chose que nous allons faire, avec notre partenaire malien et les villageois qui s'occupent de la gestion de la mutuelle, est de faire une analyse de fonctionnement de la mutuelle. L'objectif sera de trouver des solutions pour améliorer le fonctionnement.
Dans un deuxième temps, l'ONG malien nous mentionnait que les villageois comprennent plus ou moins ce qu'est la mutuelle et y adhèrent peu. Avec le partenaire malien, nous allons faire de l'éducation sur les mutuelles de santé et leur capacité à augmenter l'accès aux soins de santé.
Finalement, nous allons faire avec les intervenants du centre de santé de l'éducation sur les principaux problèmes de santé qui touchent ces populations: malaria, pneumonie, problèmes intestinaux, VIH etc... Les villageois doivent évidemment comprendre ce que sont ces maladies et en quoi les soins du centre de santé communautaire peuvent les aider pour vouloir adhérer à une mutuelle de santé.
En gros c'est ça... le reste du temps sera consacré à passer du temps avec ces gens merveilleux pour en apprendre un peu sur eux et leur superbe culture. Ce sera certainement un été inoubliable.
De mon coté, c'est pas mal occupée. Heureusement, j'ai passé une super journée samedi à me reposer avec Geneviève et Véro.... On est allée au Polar Bear à Piedmont. C'est vraiment bien. J'avais besoin de ça je pense! ET Véro à pris la fameuse photo du bedon pré-Mali... en espérant que le post-Mali ressemble à ça et soit pas trop... vivant!!!! eurk! Véro, j'ai mis les photos en diaporama sur le blog :)
Il reste un examen demain, un gros party demain soir :) et plein de préparatifs mardi! Il y a tellement de monde que j'aurais aimé voir avant de partir mais le temps me manque.... vous savez que je pense à vous.
Je vous donne des nouvelles au Mali
Faites attention à vous autres
christine xxxxx
mardi 20 mai 2008
salut à tous!





wow... dans une semaine je pars pour le Mali!! Enfin! Mais pour l'instant, c'est la folie étude pour le gros examen qu'on doit passer pour pouvoir entrer dans l'ordre des inhalothérapeutes du Québec. C'est quelque chose de réviser 3 ans d'étude en quelques semaines.
Incroyable de penser que c'est déjà fini.... 3 années qui ont passé très vite. Vendredi, nous sommes allés souper pour fêter la fin du DEC. Vous connaissez le resto au tour de ville? C'est celui qui est en haut de la tour de l'hôtel delta. Le resto tourne, ça donne une superbe vue de la ville. Très agréable soirée. Je vous conseille d'y aller. Pour les (ou plutôt la!!) non-fan de facebook, je mets quelques photos que j'ai prises.
On était pas mal chic!! Vous êtes belles les girls. De gauche à droite: Marie, ma grande soeur!! merci pour le petit cadeau... C'est tellement gentil! et surtout merci pour ta compagnie à l'hotel-Dieu cet année... Je suis contente de te connaître. Tu vas être excellente avec les petits minous à ste-justine. Marianne... je te souhaite bonne chance à Pierre-Legardeur et merci pour tout cette année... j'ai toujours sentie que tu étais là pour moi cet hiver. J'oublierai pas ça. Et Steph... suite à l'autre photo!
Steph! ma party animal :) non mais quel mois de mars intense!! une chance que tu étais là avec Ariane! Vous m'avez réchappé :) On remet ça au mois d'août quand je vais revenir du Mali. T'es super ma cocotte.
Le super trio..... avec Ariane et Steph.... awwww vous allez me manquer les pitounes.
Julie, Joanie on va se voir le 26 mai pour fêter la fin du DEC... On va fêter ça pas à peu près les filles!!! Vraiment, j'espère qu'on saura garder contact parce que je vous aime beaucoup.
Je vais penser à vous autres cet été
cricri xxxxx
jeudi 8 mai 2008
Les fameuses questions......
Voici les réponses aux questions qu'on m'a posé!
LA question: vas tu voir des grands animaux?
hummmm.... En allant travailler à Santa Cabrini, est ce que je vais voir un cerf de virginie sur mon chemin? pas sûr.... :)
Lors de ma première visite au Mali, je n'ai pas eu la chance de voir de grands animaux africains. Même pas de petits singes! L'Afrique de l'ouest n'est pas la meilleure région pour les safaris. Pour voir des grands animaux, il faut plutôt choisir le Kenya ou la Tanzanie. Mais je vous promets que si je vois des animaux je prends une photo..... et je me sauve en courant!
Qu'est ce que tu t'en vas faire là bas?
Voir mon prochain message la semaine prochaine!
Vas tu devoir lâcher ta job?
Je travaillais à l'hopital Santa Cabrini comme externe en inhalo. Quand je vais revenir, je vais continuer à travailler là comme inhalo. Réaction de ma boss quand je lui ai appris que je partais: "Wow! super. Tu nous nous enverras des nouvelles". J'avais eu le même genre de réaction la première fois que j'étais partie. Je travaillais alors au Jardin Botanique. Fous mes employeurs? bof... vous continuez à travailler vous autres? on devrait être correct! :)
Est ce qu'il fait toujours chaud au Mali?
yes!! La saison sèche dure jusqu'au début du mois de juin. Durant cette saison, il fait vraiment vraiment chaud... rarement en bas de 30 degrés celcius.... souvent près de 40 degrés. Ensuite, ce sera la saison des pluies où il fait "un peu moins" chaud.
Où vivras tu?
Je vais vivre dans un village de brousse de la commune de Kéméni. C'est situé à environ 5 heures de route de la capitale du Mali qui est Bamako. Plus précisément, je vivrai chez une famille de ce village. À mon avis, c'est un des plus beaux aspects de ce genre de voyage. C'est vraiment cool de pouvoir vivre avec les gens. C'est la meilleure façon de connaître un pays et sa culture.
Pourquoi tu cherches le trouble comme ça?
Effectivement, des fois je me demande pourquoi je pousse la recherche du trouble aussi loin!!.... Disons que ce genre de voyage là n'est pas de tout repos... mais plus le défi est grand, plus c'est valorisant! Aussi, ça me fait du bien des fois de sortir de ma petite zone de confort. C'est comme ça que j'apprends à me connaître et que je dépasse mes limites.
Connaissais tu les gens avec qui tu pars?
Au départ, je ne les connaissais pas. On apprend à se connaître depuis l'automne et croyez moi qu'après 3 mois dans la brousse africaine, on va se connaître pas à peu près!!!!
Elles sont vraiment cool! Il y a Ariane et Valérie qui sont étudiantes en travail social, Mariève qui est notre psy, Élise qui travaille en réadaptation, et Véro et Farra qui sont infirmières. Pour être sélectionné, il fallait avoir une formation relié au domaine de la santé ou de la relation d'aide.
Quand est ce que tu vas commencer la vraie vie? (!!!!)
euh..... c'est quoi la vraie vie? Si c'est travailler tous les jours, essayer de trouver sa place dans son milieu de travail, essayer de trouver du temps et faire ce qu'on peut pour pouvoir voir ses amis une fois par mois, chercher à réaliser ses rêves sans jamais vraiment pouvoir le faire, bien je crois que je la fuirai toujours la vraie vie!! Je pense que la vraie vie c'est de vivre pleinement et d'être heureux en faisant des choses qu'on aime. Alors, la vraie vie pour moi, c'est le mienne. Je vous souhaite aussi de la vivre VOTRE vraie vie.
As tu peur?
Avant de partir, c'est normal d'avoir certaines inquiétudes. C'est même important de s'imaginer dans les pires conditions. Je pense qu'être avertie c'est éviter les pires conditions. Mais honnêtement, je ne suis pas très stressée!
Est ce qu'il faut beaucoup de vaccin pour aller au Mali?
Réaction de mon médecin quand je lui ai dit que j'allais au Mali la première fois: "ouf! t'auras pas assez de bras"! Ça prend pas mal de vaccins... fièvre jaune, 4 sortes de méningites, typhoïde etc..
Coudonc, es tu millionnaire?
pas vraiment!! Mais je fais des choix qui me permettent de faire ce genre de chose.... pas de cellulaire, pas d'auto, petit appartement qui coûte pas chère, pas de câble. Je dépense mon argent pour en garder pour ce qui est vraiment important pour moi.
Je pense que partir en voyage comme ça ne demande pas particulièrement beaucoup de sous. Ça prend surtout une certaine liberté, ne pas avoir de dettes importantes, pas de paiements qui continuent à passer à chaque mois. Finalement, le moins d'engagements on a le plus de liberté on dispose.
Qu'est ce que tu fais les soirs après ta journée?
Le night life Kéméni risque d'être assez moyen! Généralement, en brousse, les activités sont assez limitées... Mais la dernière fois où je suis allée en Afrique j'avais beaucoup apprécié ces belles soirées à boire du thé et à regarder les étoiles avec mes amis maliens.
Qu'est ce que tu manges au Mali?
ok... ça risque d'être ma réponse la plus rapide! :)
matin: bouillie de riz (pain si je suis chanceuse)
midi: riz
souper: eux ils mangent du tô (repas malien) mais moi ça risque d'être des patates, des nouilles ou peut-être du poisson....
là bas, le but est de se nourir.... pas trop de variété! Cette année, avec la crise alimentaire, ça risque d'être assez difficile pour les Africains. Il y a d'ailleurs eu des manifestations au Mali. Ça risque d'être intéressant de discuter de ça avec eux. J'espère que l'occident va réagir à cette crise.... pas seulement en envoyant des denrées mais surtout en se penchant sur les causes structurelles de la crise alimentaire. Les inégalités montrent que le fonctionnement de l'économie mondiale doit être repensé.
Où vas tu dormir?
J'aurai ma petite chambre dans la maison de la famille chez qui je vais vivre. Je dors sur un petit matelas posé par terre et dans un moustiquaire pour me protéger des insectes qui donnent la malaria. En passant, saviez vous qu'à toutes les 30 secondes un enfant africain meurt de la malaria? Les moustiquaires sont une bonne façon de prévenir cette maladie. Plusieurs ONG travaillent à les distribuer et à sensibiliser la population africaine à leur importance.
Comment vas tu faire pour avoir de l'eau potable?
En brousse, l'eau embouteillée n'est pas accessible. L'eau que je boirai viendra fort probablement d'un forage. Je traite aussi mon eau avec de la pristine pour diminuer les risques.
Ce sont les principales questions que vous m'avez demandé. J'en rajouterai s'il y en a d'autres.... Bon, ma petite pause est finie! Il faut étudier un peu.... C'est bien beau l'Afrique mais j'ai un examen à passer si je veux être inhalo!
Bonne fin de semaine!
christine xxxx
lundi 28 avril 2008
Salut tout le monde et bienvenue sur mon blog! J'utiliserai cette page pour partager cette aventure malienne avec vous autres... Et vous, envoyez moi de vos nouvelles!! Ça fait toujours plaisir de vous lire.
Comme vous savez, je vais participer en tant que responsable d'équipe au projet de mutuelle de santé de l'ONG Carrefour canadien international au Mali. Responsable d'équipe.... hummmm... je vous avoue que cette partie là me fait plus peur que la partie Mali. Tout un défi pour moi.... Depuis l'automne, j'apprends à connaître ces 6 femmes avec qui je vais vivre cette belle aventure là. Elles m'impressionnent! Je vous laisse lire un très bel article de l'excellente journaliste Josée Blanchette (Le Devoir). Elle parle de son expérience au Népal et de la façon dont les personnes avec qui elle est partie l'ont marqué. Ça rejoint bien ce que je pense des filles que j'ai connu au Mali en 2005 et de celles que j'apprends à connaître cette année. Bonne lecture et au plaisir de vous voir avant de partir
christine xxxxx
"En quittant l'aéroport PET, nous étions des Morin, des Thiffault, des Lalonde, des Leblanc et des Blanchette. Mais une fois grimpées à 3000 mètres dans les hauteurs himalayennes, l'évidence nous a sauté au visage comme un tika rouge en plein milieu du front: nous devenions des "Poune", l'équivalent des Tremblay au Québec. Nila Poune, Nita Poune, Tika Poune ou Moumoune Poune (la porte-parole): nous étions désormais une nouvelle famille de poupounes qui affronteraient pendant 10 jours les joies et les vicissitudes de la proximité, de l'adversité, de la solidarité, de la complicité, de l'émerveillement et de l'égarement inhérent au nomadisme.
Et tout ça avec humour. Nous devenions responsables de tout et de chacune de ses parties, "warts and all", comme disent les vrais amoureux.
J'ai pris conscience de nos liens consanguins après une énième conversation sur l'état de nos viscères au petit-déjeuner mais surtout lorsque nos 25 sherpas se sont perdus à la septième journée parce que deux villages portaient le même nom dans un rayon de 10 km.
La famille Poune a procédé à une "mise en commun" (une réunion en jargon communautaire) pour décider qui coucherait sur le sol en terre battue de l'école de Marang et qui irait dormir avec les poules chez le directeur d'école. J'étais mandatée pour les poules (ou le directeur), sorte de privilège qui échoit aux moumounes, j'imagine.
J'ai mollement évoqué le SRAS, et la grosseur de mon dufflebag justifiait à lui seul mon hypocondrie contagieuse. Heureusement, les sherpas sont réapparus nourris par nos applaudissements et sans l'aide d'un GPS. Shiva est grand.
Des nanas et des yaks
Tout le monde se sacre du népal, me disais-je au départ. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai accepté d'y aller. Être porte-parole d'un trek de femmes au Népal m'effrayait davantage pour la portion femme que pour la portion trek. Je n'avais certes pas prévu m'exercer au stairmaster six heures par jour, sur 83 km, mais le cardio a tenu la route.
La partie terrorisante, c'étaient ces femmes de tête, triées sur le volet, la plupart issues du travail social, du milieu communautaire, et même une jeune conseillère municipal de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud. Des battantes, engagées, croyantes.
Ces participantes au trek sur le leadership au féminin font partie de la trame du tissus social québécois, mais on ne les voit jamais s'agiter à la télé. "Le leadership, ça ne se prend pas, on te le donne"., m'a dit Nathalie Morin, chargée de projets à l'Office municipal d'habitation de Montréal. Il y avait aussi un trek sur le thème de la santé et un trek autochtone au même moment, dans deux autres régions du Népal. En connaissez vous beaucoup, des femmes de 26-30-40-58 ans, qui réussissent à ramasser 4000$ pour aller faire du travail communautaire dans la grosse poussière pendant leurs semaines de vacances après avoir escaladé tous les pitons rocheux, grelotté dans la neige et sous la pluie, évité toutes les bouses de vache et au risque de se casser le cou? Moi non plus.
Un pas vers le Nirvana
Elles m'ont sauvé la vie plus d'une fois, fait traversé des ponts suspendus au propre et au figuré en m'obligeant à chanter fort, tendu la main et délesté du sac à dos quand j'allais m'évanouir d'hypoglycémie au sommet d'un ravin. Des filles comme ça: capables d'accueillir, qui savent que ventiler, c'est déjà un pas vers le Nirvana.
L'utopie des unes, c'est le Prozac des autres
Le Népal, tout le monde s'en sacre, mais à force d'y être on s'y attache de plus en plus. Ce sont les Népalais qui nous observent et presque pas l'inverse. Coincée entre la réunionite aiguë et le lourd protocole du Centre d'étude et de coopération internationale (CECI)-Népal, mes trekkeuses et les attentes des villages qui n'ont jamais reçu la visite d'Occidentaux, je me suis réveillée une nuit dans ma tente pour écrire: "J'assiste à la rencontre au sommet d'une utopie bureaucratique d'ONG, au rêve de certaines participantes qui se sentent bousculées par un "programme ACDI inc" et à l'espoir d'un peuple enclavé dans ses montagnes qui pense que le tourisme le sauvra avant sa prochaine réincarnation. Très divertissant mais maudit que c'est de l'ouvrage. Je n'étais pas loin du délire propice à écrire des récits de voyage qui seront pilonnés par l'éditeur dans un an. N'est pas Alexandra David-Néel qui veut.
Après 10 jours de trek, je n'ai jamais pu me réconcilier avec l'idée que nous étions venues parler de leadership à des femmes qui manquent de tout, surtout de l'essentiel (pour vos dons: www.ceci.ca).
Mais on ne va pas cracher dans la soupe; j'ai tendance à rechercher des résultats immédiats. Les filles qui m'accompagnaient, elles, sont formées dans l'action à petite échelle, dans l'intervention par groupuscule, dans le caring, le mentorship qui change le monde, le cas-par-cas, "le renforcement des capacités", l'empowerment par exemple, propulsées par une quête personnelle et apôtres de l'effet papillon.
"Moi, je veux agir à un niveau micro pour ne pas devenir cynique", m'a confié Myriam Fehmiu, chargée du vidéo institutionnel du CECI. "C'est seulement par là que je peux faire une différence."Ces filles là ne seront jamais décorées par le Gouverneur général du Canada. Encore que je les verrais bien recevoir l'Ordre du Canada des meilleures Poune. Patientes, généreuses, disponibles, pas du tout féministes-activistes-révolutionnaires-blabla-stérile qui se baladent avec leur diva cup comme signe de ralliement sur leur sac à dos.
Des filles ordinaires mais sans fadeur --plutôt le contraire--, avides de faire bouger les choses dans le quotidien, au jour le jour, dans le concret. Des filles qui jouent volleyball et à la marelle avec des gamins népalais en se levant le matin, nu-pieds, avant d'enfiler leurs bottes pour aller affronter des montées qui n'ont rien à voir avec une ballade au mont Saint-Hilaire.
Davantage que les neiges éternelles, plus que les Népalais qu'elles qualifiaient de "relationnels", ce sont elles qui m'ont impressionnées. Tout simplement parce que j'ai pu mesurer le chemin qu'elles avaient parcouru et l'abîme culturel qui les séparaient de ces communautés perdues auxquelles l'Occident vient tendre la main du progrès tout en oubliant que le progrès, ça vient parfois avec des antidépresseurs, des dettes pis une télé pour s'oublier dedans.
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